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S’il y a bien un cliché incontournable sur la grossesse, ce sont les fameuses envies de femmes enceintes. Que ce soit des fraises, des frites ou des friandises bien sucrées, les futures mamans sont connues pour leurs fringales irrépressibles et parfois surprenantes.

De nombreuses théories plus ou moins sérieuses circulent sur les causes de ces envies spécifiques. Pourtant, les scientifiques soulignent avant tout le manque d’études précises sur le sujet.

C’est le cas des chercheuses Natalia C. Orloff et Julia M. Hormes. Elles ont publié en 2014 dans Frontiers in Psychology une étude pour évaluer la crédibilité des hypothèses les plus répandues.

La théorie des changements hormonaux

Demandez à n’importe quelle femme enceinte : la grossesse altère les perceptions olfactives et gustatives! Ce phénomène, potentiellement lié à des changements hormonaux, occasionne des aversions à certains aliments et peut intervenir en parallèle à des envies intenses de certains autres. Néanmoins, la nature exacte de cette apparente corrélation n’a pas été identifiée.

La théorie des carences

Selon cette hypothèse, notre corps nous communiquerait des envies précises car ces aliments contiennent les nutriments dont nous avons besoin.

Une explication attractive mais qui manque de crédibilité puisque les envies portent souvent sur des aliments gras et sucrés. Si notre corps était bel et bien à la recherche de ces nutriments, il nous enverrait plus vers les lentilles et les légumes à feuilles que vers les frites trempées dans du milkshake à la vanille!

La théorie des principes actifs

En lien avec la théorie des carences, celle des principes actifs concerne les potentiels bienfaits thérapeutiques des aliments désirés. Ils aideraient notamment à contrer les nausées et les aversions à certains aliments.

Des études indiquent que ces dernières agiraient comme des mécanismes de protection contre des ingrédients potentiellement nocifs à la grossesse. Cependant, des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour savoir si les envies de femmes enceintes encouragent la consommation de nourriture qui pourrait soulager ces symptômes.

La théorie des facteurs culturels

Notre environnement culturel a un impact énorme sur notre comportement alimentaire. Si les envies de femmes enceintes existent dans de nombreuses cultures variées, elles ne portent pas sur les mêmes types d’aliments et n’ont pas la même portée.

Les chercheuses soulignent d’ailleurs que le mot anglais « craving » trouve peu de traductions exactes dans d’autres langues.

Selon elles, une piste intéressante est celle de la dynamique d’attraction et de restriction dans notre rapport à la nourriture. Comme le phénomène des envies alimentaires est bien connu, la grossesse apparaîtrait comme une période de liberté où l’on peut se faire plaisir puisque l’on mange « pour deux ».

Les conclusions principales de leur étude restent que les envies alimentaires de femmes enceintes sont un phénomène largement sous-étudié. Il mériterait davantage d’attention afin d’en identifier précisément les causes et les fonctions.

En attendant de savoir à quoi elles sont vraiment dues, pourquoi ne pas me raconter vos exemples les plus mémorables dans les commentaires?